Jean Ray

Prix littéraire 1962
Jean Ray

Jean Ray (de son vrai nom Jean Raymond Marie de Kremer) est né le 8 juillet 1887, à Gand, où il a fait ses études. Selon la légende, qu’il a lui même répandue via quelques interviews (cf. la revue Mystère-Magazine n°41 de juin 1951), il se serait engagé comme marin et aurait fait le tour du monde, participant à de la contrebande d’alcool durant la prohibition aux États-Unis. En 1925, il fait paraître Les contes du whisky, son premier recueil de nouvelles. En 1927, il est condamné pour « abus de confiance ». Il fera deux ans de prison et se retrouvera isolé et abandonné par sa famille et ses amis. Il entamera alors une collaboration plus ou moins anonyme avec plusieurs journaux et revues. C’est ainsi qu’il créera le pseudonyme de John Flanders en 1928. Il sort de prison en février 1929. En 1932 paraît son deuxième recueil : La croisière des ombres qui ne recevra aucun succès malgré la grande qualité des textes qui le compose. On peut raisonnablement penser que cet échec est le résultat de la médiatisation autour de son nom en 1927. Toujours en 1932, il s’investira dans la série de fascicule populaire : Harry Dickson; il n’a pas créé la série à l’origine, il ne fut en fait -au début- que traducteur des aventures d’un « Sherlock Holmes américain », de l’allemand vers le néerlandais (apparition du nom de « Harry Dickson »), puis vers le français. À la longue, il finit par trouver les textes d’origine si médiocres qu’il obtint l’accord de son éditeur pour ré-écrire les histoires à condition qu’elles respectent le titre et le dessin de couverture des recueils originaux. 103 aventures seront ainsi entièrement de sa main sur les 178 fascicules parus. Parallèlement, il collaborera aux éditions d’Averbode et publiera des textes destinés à la jeunesse, aussi bien en français :P resto-Films qu’en néerlandais: Vlaamse Filmkens. Cette collaboration durera jusqu’à la fin de sa vie. Viennent alors les années de guerre. Il fera partie d’un groupe d’écrivains qui s’associent pour pouvoir publier : « Les auteurs associés » et y publiera son plus fameux roman, Malpertuis (1943), mais aussi: Les cercles de l’épouvante, Le grand nocturne, Les derniers contes de Canterbury et La cité de l’indicible peur. Il ne cessera d’écrire jusqu’à sa mort le 17 septembre 1964, dans sa ville natale de Gand. Au nombre de ses recueils de nouvelles figure Les contes noirs du golf, série de récits noirs sur ce sport produit pour un journal sportif. Le centre ville de Gand Le centre ville de Gand Au début des années 1960, Jean Ray annotera avec Henri Vernes, le créateur de Bob Morane, un listing de toutes les aventures de Harry Dickson afin de dire lesquelles étaient de sa main. Il fera quelques erreurs, mais aura un excellent souvenir de ces (ses) aventures vieilles de 30 ans. Jean Ray a aussi été secrétaire de rédaction à l’hebdomadaire Bravo! de 1936 à 1940 (cet organe était alors exclusivement publié en néerlandais). Il y a écrit de nombreux contes ainsi que les scénarios de la série Edmund Bell, mise en images par le grand peintre expressionniste Fritz Vandenberghe. Après la guerre, il a continué d’écrire pour la jeunesse dans plusieurs revues dont l’hebdomadaire Petits Belges. Jean Ray occupe la place la plus importante au sein de l’école belge du fantastique. Son œuvre se caractérise surtout par des histoires peuplées de fantômes et de créatures de l’au-delà; la peur en est le moteur principal. Son écriture baroque doit beaucoup au roman gothique anglais du XVIIIe siècle et à Edgar Allan Poe.

Oeuvres & Bibliographie 

sous le nom de Jean Ray [modifier] * Les aventures de Harry Dickson, nouvelles. (Marabout 16 volumes – intégrale en 21 volumes chez Néo) * 1925 : Les contes du whisky * 1942 : Le grand nocturne * 1943 : Malpertuis (Marabout 1962) * 1943 : Les cercles de l’épouvante * 1943 : Saint-Judas-de-la-nuit * 1991 : Jack de minuit (Lefrancq (éditeur)) illustré par René Follet * 1992 : Les Joyeux contes d’Ingoldsby (Lefrancq (éditeur)) illustré par René Follet * Visages et choses crépusculaires (Ed.Néo n°63) * La gerbe noire (Ed.Néo n°96) anthologie * La croisière des ombres (Ed.Néo n°106) * La cité de l’indicible peur (Marabout 1965) (Ed.Néo n°130) * Le livre des fantômes (Ed.Néo n°135) * Le carroussel des maléfices (Marabout 1964) (Ed.Néo n°150) * Les derniers contes de Canterbury (Marabout 1963) (Ed.Néo n°156) * Les contes noirs du golf (Marabout 1964) (Ed.Néo n°159) * Les 25 meilleurs histoires noires et fantastiques (Marabout 1961) * Bestiaire fantastique (Marabout 1974) * Les histoires étranges de la biloque (Lefrancq (éditeur), 1996) sous le nom de John Flanders [modifier] * Visions nocturnes (Ed.Néo n°100) * Visions infernales (Ed.Néo n°103) * La malédiction de Machrood (Ed.Néo n°122) * La neuvaine d’épouvante (Ed.Néo n°134) * La brume verte (Ed.Néo n°151) * Les feux follets de Satan (Ed.Néo n°160) * Les contes du Fulmar (Ed.Néo n°171) * L’île noire (Ed.Néo n°182) * La nef des bourreaux (Ed.Néo n°193) * Le monstre de Borough (Casterman ) * 1985 : Edmund Bell : l’élève invisible (Lefrancq (éditeur)) illustré par René Follet * 1987 : Edmund Bell : l’ombre rouge (Lefrancq (éditeur)) illustré par René Follet Adaptations au cinéma [modifier] * 1962 : Malpertuis par Harry Kumel, Belgique avec Orson Welles et Michel Bouquet. * 1964 : La cité de l’indicible peur par Jean-Pierre Mocky, France avec Bourvil et Francis Blanche. Adaptations en bandes dessinées [modifier] * Les aventures d’Harry Dickson. * Les aventures d’Edmund Bell, adaptées par René Follet chez Lefrancq.

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